Souris Grise est une légende vivante. Toute personne qui s’est rendue sur le forum du Guide du routard pour préparer son voyage a forcément eu affaire à elle. Elle a plus de 28 000 messages à son actif. Incontournable, on vous dit. Certains viennent même lire les discussions du forum pour retrouver ses périples chaque fois qu’elle prend l’avion pour la Grosse Pomme avec un programme toujours plus étonnant et loin des sentiers battus.

Souris Grise est une passionnée de New York qui ratisse large. Elle est à l’affût de tout ce que la ville-monde peut offrir. Elle refuse les frontières touristiques et une vision étriquée de la ville. Son regard sur New York évolue en permanence.

Souris Grise se cache derrière un pseudonyme et, contrairement aux blogueurs par exemple, ne révèle rien sur sa vie privée. De quoi garder le mystère…. Une chose est sûr : Souris grise a encore de beaux jours devant elle. Il restera toujours un bout du trognon à croquer.

souris grise new york

Si New York était un animal…

New-York serait un gentil virus tenace, donc microscopique mais facilement invasif.

Si New York était une odeur…

Elle serait insidieuse et capiteuse et se dégagerait en volutes nuancées, un peu mutantes selon les quartiers et les heures, voire les saisons.

Quelle est la plus grande qualité de New York et son pire défaut ?

Ouverte à tous mais pas accessible à tous.

Quel sont les deux / trois quartiers de New York que tu préfères ?

Bushwick, Saint George / Stapleton et Lower Manhattan pour Battery Park City.

Quel est le quartier de New York le plus sous-estimé ?

Tout dépend de ce que l’on nomme « sous-estimé ».

Le problème avec cette question est que c’est plutôt une question de méconnaissance de la ville qui fait que tel ou tel quartier est dans l’ombre ou décrié.

Il me semble que LIC (Long Island City et pas Long Island situé au diable vauvert), dans Queens, qui offre à voir à partir du Gantry State Park une des plus belles skylines de Manhattan, est souvent vécu comme inintéressant, loin de tout, dangereux, etc…

Je bataille souvent pour attirer de nouveaux visiteurs en son sein et, en retour, une fois l’expérience validée, je reçois des remerciements rassurants quant à mon regard sur ce quartier.

Quel est le secret le mieux gardé de New York ?

Si c’est un secret bien gardé, je n’ai peut-être pas réussi à le saisir.

Suis-je assez initiée pour entrer dans la confidence et si j’en étais détentrice devrais-je l’éventer courant ainsi le risque d’en ôter le caractère spécifique ?

Il ne se passe pas une journée sans que je ne parte à l’affût de niches bien cachées, d’astuces originales et de visites insolites.

Au fil des semaines, je parviens à constituer une liste de possibles dont certains sont inconnus de la majorité des visiteurs et même résidents qui, pris dans le tourbillon de leur propre vie, n’ont pas le temps de s’arrêter à certains détails ou de prendre le temps de s’échapper de leur proche environnement.

Dans ces listes, j’ai des adresses secrètes mais ce ne sont pas des adresses qui intéressent les touristes primo partants.

Cela peut paraître complètement décalé mais une adresse de maison complètement incroyable peut être pour moi le plus beau des secrets. Ainsi, Pendleton Place me semble être l’adresse la plus insolite de New-York.

La question est frustrante parce qu’il ne faut donner qu’une réponse. Se limiter à si peu, dans une ville qui offre tant, est voué à l’échec dans le rendu.

une maison de Pendleton Place à Staten Island

une maison de Pendleton Place à Staten Island

Quelle est l’erreur que la plupart des touristes font à New York ?

Prendre Times Square comme le pilier de leur séjour et ne pas vouloir ou oser quitter Manhattan sauf pour prendre le pont de Brooklyn ou le ferry de Staten Island.

Comment leur en vouloir ? Si ce sont des visiteurs d’une première fois, il est inconcevable de passer à côté des sites emblématiques de la ville dont la majorité se trouve être à Manhattan ou très proche.

Là, où j’aurais tendance à m’insurger, c’est quand je lis dans les forums que le voyage n’est pas une initiation mais un retour, voire le tantième et que les objectifs de visites restent les mêmes avec souvent en point de mire le shopping.

Donc, l’erreur que font les touristes, pour simplifier, c’est de rester collés aux guides qui disent tous à peu près la même chose et de ne pas oser le New-York autrement comme celui que donne à voir Jeanne dans son guide : Out Of the Box, ou ce que propose Elise dans ses accompagnements via : New-York Off Road.

Et pour les plus aguerris ne pas oser le Bronx, Queens, Staten Island et Brooklyn au-delà de ses rives ou plages.

Si tu avais beaucoup d’argent, qu’achèterais-tu à New York ?

Un magasin ?

Oh ! Sûrement pas ! J’ai horreur du shopping et de la perte de temps qu’il implique.

Un quartier ?

Comment envisager de posséder ce qui doit rester dans le domaine public ouvert et accessible à tous ?

Un monument ?

Non !

Tout ce qui est mémorial ne pourrait appartenir à qui que ce soit.

Par contre, un immense appartement triplex, avec le confort le plus innovant possible (le personnel qui va avec pour l’entretenir) une vue sur la skyline de Manhattan (LIC ou les Heights de Brooklyn), là, je ne dis pas non.

Quelles zones de New York n’as-tu pas encore à explorer ?

Il ne me reste plus grand-chose à New-York que je n’aurais pas investi mais comme certains quartiers de « banlieue » ne sont que résidentiels ou que d’autres sont assez peu engageants, je pense avoir fait le tour de tout ce qu’il est possible de voir dans les cinq arrondissements de la ville.

Tous les matins, je consacre une heure à lire de nombreux articles sur New-York. Je le fais même si je suis à l’autre bout du monde. Je consigne chaque adresse intéressante pour l’ajouter à la liste des possibles du voyage à venir. Je fais cela depuis des années et je pense avoir fait le tour.

La question du voyage suivant est toujours en suspens parce que je crois toujours avoir essoré la ville et, les mois faisant, je peux reconstruire un nouveau projet décalé, très décalé même.

Les prochains quartiers seront révélés au printemps qui s’annonce.

J’attends avec impatience la mise en place de la grande roue de Staten Island. Elle donnera à voir New-York autrement, sous un autre angle.

D’où est venu cet engagement sur le forum du Guide du routard et pourquoi ce pseudonyme ?

Mon arrivée sur le forum du Routard (je n’interviens pas dans la rédaction du guide ni dans la partie éditoriale et journalistique du site internet du Routard) est le fait d’un hasard un peu provoqué à l’insu de mon plein gré, comme disait l’autre.

Je suis arrivée très tard à l’informatique.

J’ai toujours beaucoup voyagé et tous mes voyages, à quelques exceptions près, je les ai montés et préparés seule.

Je devais donc puiser dans la littérature, les guides ou les films pour monter des circuits de visites.

C’est avec des livres et des cartes que j’ai organisé mon premier voyage aux US qui a duré deux mois.

C’était un road trip dont le point de départ et de retour était New-York.

C’était au siècle dernier et ce fut ma première découverte de la ville dont je n’attendais strictement rien.

Pour moi, ce n’était qu’une étape dans un long périple et la magie devait opérer ailleurs.

Imaginez ma surprise, ne devrais-je pas dire la claque, quand j’ai vu la skyline de Manhattan la première fois, en arrivant.

Ce coup de foudre ne m’a jamais quittée mais je ne le savais pas encore ou du moins, je n’en avais pas conscience.

Les années ont passé, le 11.09.01 m’a meurtrie et m’a aussi paradoxalement mise à distance de la ville.

Le jour était enfin venu de revenir voir ce que New-York, qui se relevait, était devenue.

J’avais depuis peu accès à internet et je me suis précipitée sur le premier nom qui m’était familier pour aller chercher des informations actualisées.

Ce fut le Routard où je m’inscrivis sous un pseudo.

Mais peu douée comme je l’étais, après quelques échanges, j’ai perdu le moyen de me reconnecter. Il n’y avait aucun mystère pour le faire mais, comme je n’avais pas le mode d’emploi, j’ai laissé tomber et suis allée sur un autre site pour poursuivre mes échanges.

Après des milliers de posts, me considérant comme un peu trop présente et trop bavarde, ne censurant jamais pour dire ce que je pense, j’ai gentiment été invitée à aller voir ailleurs si l’herbe était plus verte.

Mon bon conseilleur m’a même donné les coordonnées du Routard pour que je le débarrasse de ma présence.

J’y suis donc revenue et ai ouvert un nouveau compte sous l’actuel pseudo : Souris grise.

Pourquoi ce pseudo ?

Parce que je suis une « nana », donc une « souris » et que l’âge venant, j’ai les cheveux gris.

J’étais quinqua, je suis sexa… mais dans ma tête, mon apparence et surtout mon énergie, je fais fi de ces chiffres ou qualificatifs qui ne me concernent pas ! 😀

L’équipe du Routard m’a laissé carte blanche pour écrire, sans censure, sauf celle qui est définie par la charte.

Je me suis sentie libre et j’ai pris un plaisir gourmand à parler de New-York tous les jours, relisant des projets de demandeurs à travers lesquels je voyage.

Parallèlement, je faisais des découvertes de plus en plus pointues de la ville.

Je voulais les partager et faire un prosélytisme un peu béat : faire en sorte que mon amour pour la ville se diffuse, un peu comme un virus qui me semble si bien définir la ville.

Finalement je suis infectée et je veux contaminer.

Est-ce moral, tout ça ?

Oui, …et plus que oui.

Je suis un peu l’ambassadrice bénévole de ce que je crois être la plus belle des expériences.

Le Routard m’accueille comme il le fait pour n’importe quel inscrit.

Je n’ai aucun avantage de plus.

Qu’est-ce qui fait que New York restera toujours New York ?

Je n’en sais rien ou plutôt, je ne suis pas sûre que mon explication tienne la route dans le temps.

New-York est la ville monde, la ville où toutes les parties identitaires et culturelles se côtoient sans nécessairement vraiment se mélanger.

New-York est une ville très dure mais c’est aussi une ville d’accueil, une porte d’entrée dans les Etats Unis comme elle le fit au 19ème siècle.

New-York est une ville où tout à chacun peut y retrouver un peu de son pays perdu, croire en un paradis, mais New-York est une traitresse gourmande parce qu’elle vous accueille mais peut vous anéantir si vous ne vous battez pas pour y vivre et vous y installer.

New-York est la ville où « aide-toi le ciel t’aidera » a un sens.

Je pense que cette ville où toutes les cultures et énergies se côtoient n’a pas d’équivalent au monde.

Comment imagines-tu New York dans 15 ans ?

Je jette l’éponge !

Je n’en sais rien.

J’aimerais tellement qu’elle croisse en s’embellissant mais l’avenir est illisible.

Trop d’ombres…

Ce que je crains, c’est que dans 15 ans je ne reviendrai pas sur place faire le constat de son évolution.

Mais là aussi : who knows ?

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A propos de Rafael...

Rafael est le rédacteur en chef de MyNewYork, spécialiste des hôtels de New York.

4 pensées à propos de “souris grise, experte incontournable sur le forum du guide du routard

  1. Bonjour,

    je me suis beaucoup beaucoup inspirée des récits et des photos publiées par souris grise tout au long de ces années pour finaliser les 5 voyages que j’ai fait à new york. nous sommes vraiment allés tout le temps hors des sentiers battus dans les 4 boroughs (il nous manque staten island, ou nous sommes allés uniquement pour l’aller retour en bateau plusieurs fois). je dois dire que je retrouve dans tous les blogs et guides sur new york des adresses ou itinéraires que je connaissais déjà depuis plusieurs années grace à cette merveilleuse souris grise !!! j’avais donc grace à elle quelques années d’avance sur les autres….merci encore infinement chère Souris Grise, l’occasion m’est donnée de vous remercier de tout mon coeur pour les belles découvertes que nous avons fait en marchant dans vos pas !!! MERCI MERCI MERCI !

    • Bonjour Corinne,
      Il est vrai que grâce à Souris Grise, vous aviez un train d’avance en quelque sorte. On lui souhaite encore de belles aventures et découvertes à New York.
      De même pour chacun d’entre nous, amoureux de la Grosse Pomme, que nous essayions d’y faire notre trou ou que nous y allions régulièrement en voyageurs passionnés.

  2. Vos remerciements me touchent Corinne.
    Ravie de lire que vous avez pu avoir quelques longueurs d’avance. Il vous reste encore du chemin à parcourir.
    La fournée 2016 n’est pas encore complètement en ligne et celle de 2017 est en train de bouillonner sur un coin de fourneau.
    NY encore plus décalée, plus surprenante, je pense…

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