C’est dans le même quartier de Manhattan, à New York, que les deux candidats ont passé la soirée des élections. Et pourtant, ce n’est pas à New York que ça se jouait. C’est dans une Amérique rurale ou pavillonnaire, encore profondément raciste. Une Amérique que beaucoup de New Yorkais ne peuvent pas comprendre tellement le fossé entre les mentalités n’a cessé de se croître.

New York s’est beaucoup enrichi depuis les années 90. New York symbolise l’Amérique ouverte, tolérante, progressiste et constamment dynamisée par des vagues d’immigration. Mais le reste de l’Amérique est en colère. Elle s’appauvrit et n’a pas bénéficié de la reprise de l’économie américaine. Elle est moins éduquée, voyage peu, ne se mélange pas. Malheureusement, c’est cette Amérique qui a décidé des 4 prochaines années pour le pays et le reste du monde.

Credit : Reuters/Alex Wroblewski

Credit : Reuters/Alex Wroblewski

Une professionnelle de la politique face à un millionnaire bling-bling grotesque

Les deux candidats ont comme point commun New York et une richesse de plusieurs millions / milliards de dollars. Dans le même périmètre de Midtown et de l’Upper East Side à New York, on trouve en effet à la fois les gens les plus influents du pays qui soutenaient Clinton et on trouve la Trump Tower. D’ailleurs, il y a quelques années, Clinton et Trump faisaient partie du même milieu et se fréquentaient…. C’était avant la course à la présidentielle.

Les deux personnalités s’opposent clairement.

Clinton n’électrise pas les foules mais a eu évidemment le soutien de l’Amérique de couleur, métissée, multiculturelle, éduquées et tolérante. Elle aurait aussi pérenniser le travail de son mari et d’Obama dont elle était finalement dans la continuité.

Quand à Trump, il s’est fait le champion du rejet, de l’anti-système, de la vulgarité, la haine. Du retour en arrière pour « make America great again« . Il a séduit l’Amérique blanche et rurale. Celle qui se sent déclassée, qui reste profondément raciste et qui ne comprend pas la mondialisation. Il prétend vouloir améliorer leur quotidien. Lui qui est finalement tout aussi déconnecté de la réalité des Américains que les Clinton. Lui qui n’a aucune expérience gouvernementale. C’est dire le désespoir.

New York un microcosme face au Swing States

Imaginez qu’il faut moins de 20 minutes à pied pour se rendre de l’hôtel Hilton, où était Trump et ses proches, au Jacob K. Javits Convention Center, où Clinton avait ses supporters. Dans un pays de la taille d’un continent, c’est rien ! Et ça met clairement en évidence un des problèmes : New York est un microcosme. La ville-monde concentre la finance, la politique internationale et les médias mais elle n’a pas su anticiper ce qu’il allait se passer. New York est une bulle. Un monde parallèle. Où la vie et les enjeux n’ont rien à voir avec ceux des Swing States qui ont décidé de l’issu de l’élection.

Les États-Unis sont plus divisés que jamais. Les inégalités sont trop grandes, l’incompréhension totale.

Des villes mondiales déconnectées de leur pays ?

Londres a eu la gueule de bois le lendemain du Brexit. New York se couche en plein cauchemar. Paris craint le Front National plus que jamais. Le populisme bat des records tandis que les capitales économiques des pays, intégrées dans la mondialisation, se retrouvent impuissantes démographiquement pour contrer ces percées. Une rupture entre la ville-monde et son pays d’attache.

On se demandait s’il fallait boycotter les hôtels Trump mais depuis que Trump a été élu, la question sera plutôt : faut-il bientôt boycotter le président Trump ? Une désobéissance civile sera peut-être la seule solution pour éviter le pire si Trump ne se montre pas à la hauteur.

faut-il boycotter les hôtels trump ?

Lady Gaga proteste devant la Trump Tower

Lady Gaga proteste devant la Trump Tower

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A propos de Rafael...

Rafael est le rédacteur en chef de MyNewYork, spécialiste des hôtels de New York.

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