On ne s’y attendait pas. Dans la fameuse liste des 52 destinations dans le monde que retient le New York Times chaque année…. on trouve le sud du Bronx. Ce n’est pas le borough entier du Bronx qui est retenu. Uniquement sa partie sud. Celle qui connaît le phénomène désormais bien connu de gentrification et dont MyNewYork vous a parlé à plusieurs reprises en 2016 :

le sud du bronx se réveille

#QuartierLeBronx – Mott Haven dans le sud du Bronx (par Anaïs)

Le sud du borough à la réputation sulfureuse comprend Mott Haven, Port Morris et Melrose. Depuis peu, on parle de SoBro (South Bronx) en l’utilisant l’acronyme. Histoire de rendre le tout plus cool et hype. Par contre, quand les promoteurs immobiliers essaient de vendre ce quartier en le rebaptisant The Piano District, ça passe très mal auprès de la communauté qui n’y voit qu’un outil marketing.

A quoi ressemble le sud du Bronx ? Avec ses anciens entrepôts et ses graffitis au mur, il s’agit d’un cas typique de zone postindustrielle. La pauvreté et le crime sont loin d’avoir disparu mais la transformation a commencé. Dans certaines rues, on se croirait à Williamsburg et Bushwick. Ouverture de coffee shops, de restos dont des pizzerias et des burgers haut de gamme, des boutiques, de galeries d’art. Construction de complexes immobiliers, d’hôtels,…

D’où le choix du New York Times de placer le sud du Bronx avant dernière de sa liste de 52 destinations de 2017. Ce sera une année de « renaissance » pour ces quartiers.

sud du bronx renouveau

On peut espérer que le développement artistique, commercial et touristique ira de pair avec une baisse de la criminalité et de la pauvreté. Quand on dit baisse de la pauvreté, on ne fait bien sûr pas référence au processus habituel de gentrification qui chasse les classes populaires en détresse pour les remplacer par des classes moyennes supérieures. On fait référence à un enrichissement de la communauté locale qui pourra alors bénéficier des changements et ne pas en être exclus.

On espère également que l’originalité du Bronx sera préservé. On n’a nullement besoin d’un deuxième Manhattan. Le nord est de Brooklyn en a déjà assez fait les frais.

Filtered Coffee., un coffee shop qui en dit long sur l’évolution du quartier. CREDIT: Tony Cenicola/The New York Times

2015 était l’année où Queens sortait officiellement de l’ombre que lui faisaient Manhattan et Brooklyn en étant élu meilleur destination par Lonely Planet. D’un côté, c’est flatteur. De l’autre, c’est une publicité que le borough redoute. Queens risquait, comme le Bronx aujourd’hui, de subir les effets pervers de la gentrification : une trop grand attractivité augmenterait les investissements et les loyers, ce qui forcerait les communautés d’immigrés à s’en aller. Or c’est précisément la diversité qui fait la richesse de Queens. 2017 serait-elle l’année de tous les dangers pour le sud du Bronx ?

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A propos de Rafael...

Rafael est le rédacteur en chef de MyNewYork, spécialiste des hôtels de New York.

4 pensées à propos de “le sud du bronx choisi par le new york times dans le top 52 pour 2017

  1. Il est vrai que ce secteur est encore pour l’essentiel dans son jus et peu attractif, mais cela n’interdit pas de s’y promener pour y voir de l’insolite et de l’historique.
    Quant au processus de « gentrification » qui pousse les natifs pauvres encore plus loin, c’est un débat de fond.
    Il serait bon de réhabiliter sans augmenter les loyers, mais c’est utopique…

    • Mott Haven change quand même assez vite. Pas aussi vite que Dumbo et Williamsburg à l’époque mais d’une année sur l’autre, on voit l’évolution. Hélas les freins à la gentrification ne sont pas aux rendez-vous puisque les pouvoir publiques facilitent la tâche aux promoteurs qui construisent de grands complexes immobiliers au lieu de construire des logements sociaux par exemple.

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